pourquoi a tué francoise sagan - livre numérique de david batov
Auteur : David Batov
Collection : contemporain
Pages : 180
ISBN : 9782919000005
ISBN Papier : 9782919000517
Prix : 9,49 € / 17 €
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Pourquoi j'ai tué Françoise Sagan ?

« Tout avait pourtant bien commencé. Notre rencontre avait été chaleureuse, et rapidement elle était devenue ma meilleure amie. Alors, comment en suis-je arrivé là ? »

Grégoire est un garçon issu d’une famille de la bourgeoisie parisienne. L’argent entre les mains de certains n’aide pas forcément à se divertir jusqu’au jour où, une rencontre… Pour fêter son anniversaire, sa sœur, Valentine, organise une soirée dans un lieu de nuit branché de la capitale. Grégoire s’ennuie. Ses yeux se portent sur une femme qui semble partager la même humeur que lui, alors, il l’aborde. C’est un peu plus tard qu’il apprend qu’il s’agit de Françoise Sagan, en chair et en os. Non elle n’est pas morte !
Grégoire est fasciné par cette femme, par sa vie et son talent. Il va tout faire pour lui ressembler, mais il se rendra compte qu’avoir Sagan comme héroïne est plus risqué qu’il n’y paraît.
À travers des faits réels de la vie de l’écrivain et d’autres, inventés, c’est une Françoise Sagan fantasmée qui transparaît. Elle est ici la fille d’André Malraux et de Louise de Vilmorin, écoute Amy Winehouse en boucle et milite pour la victoire de Barack Obama.

Avec ce premier roman, David Batov nous entraîne entre Paris et Deauville. Il nous livre une Françoise Sagan redoutable, enseignant la vie, sa vie, à un jeune homme naïf tout juste sorti de l’adolescence, avec en toile de fond le whisky coulant à flot et les volutes de fumée de cigarettes.

C’est un premier roman sur l’admiration, sur la tentation de l’écriture, un roman d’apprentissage (sous) acide.

ilsenparlent

Christophe Grossi / Epagine
"À 21 ans Grégoire a sa voie toute tracée – celle de ses parents : s’il voulait, il pourrait devenir l’un des futurs rois de la finance et ainsi marcher dans leurs pas, sur les trottoirs larges et dégagés du XVIe arrondissement. Tout devrait donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles dans la maison familiale des De Trevise sauf que :
1. Grégoire n’a pas encore avoué à ses parents son homosexualité
2. et sa vie, suite à sa rencontre avec une Françoise Sagan bien vivante, va basculer un soir de fête.
Cette rencontre va en effet bouleverser ses visions du monde, ses idées reçues et, de manière générale, le sens de sa vie. Tandis qu’il commence à collectionner les conquêtes, Françoise lui fait découvrir et partager son goût pour la nuit, la cigarette, la subversion,  le « déraisonnable », la vitesse, les coups de folie. Littérature, politique, approche de l’élégance, initiation au côté gai et triste des choses de la vie, politesse du désespoir : Grégoire ingurgite tout – y compris toutes sortes d’alcools et de drogues. En contrepartie il l’initiera à la musique soul, celle d’Amy Whinehouse en particulier et lui offrira sa candeur et sa jeunesse. Dolce vita, nuit américaine, équipée sauvage, Grégoire découvre alors des plaisirs jusque-là inconnus, ceux des champs de course et des casinos. Et, en compagnie des morts et des vivants (Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, le clan Malraux, Saint-Exupéry, Orson Welles ou encore Angelina Jolie), il fera la toupie entre Paris by night, Deauville et New-York, ville dans laquelle les choses vont commencer à se gâter…" Lire la suite 

Le Premier Echo
"Le texte se lit comme une longue virée automobile, à deux cents à l’heure, sur les routes entre Paris et Deauville. A rapprocher sans aucun doute du film Le Fanfaron de Dino Risi, la recherche de la vie – jusqu’à frôler la mort – est une affirmation continuelle au fil des pages. Il existe une sorte de fascination que le personnage de Grégoire partage avec le lecteur. Fascination d’une relation complexe qui mêle attirance, admiration, folie et confiance. En regard, l’auteur a habilement développé des personnages à la simplicité déconcertante et soudain énervante, ces personnages qui semblent ne vivre qu’avec une raison sans excès et qui sont persuadés d’avoir raison."
. Lire la suite

Tulisquoi.net
"
Les personnages sont attachants et l’histoire se déroule au rythme endiablé des kilomètres avalés entre Paris et Deauville par nos deux héros. Grégoire se révèle avide de découvertes, de rencontres, de littérature, jusqu’au jour où l’élève s’imagine pouvoir dépasser le maître..." Lire la suite

extrait

   La boîte est à moitié vide, et les garçons présents ne sont pas très beaux. Heureusement, un Afro-américain vient rapidement me proposer toutes sortes de drogues. Mon choix se porte évidemment sur la cocaïne, que je pense être la drogue la plus élégante. La musique est assommante, et les heures passant, les clients deviennent de plus en plus moches. Je décide alors de rentrer à l’hôtel, seul avec ma coke. Mon œuvre n’attend que moi pour être brillamment poursuivie.
Je mets MTV pour avoir un fond sonore, je commande une bouteille de champagne au room-service – c’est Pierre qui va être content –, puis je me prépare une ligne de cocaïne. Ça y est, je suis enfin un écrivain. Un écrivain de talent, même avec tous ces accessoires.
La cocaïne n’y fait rien : je ne réussis pas à écrire la moindre ligne. Je suis abattu, et ce n’est pourtant pas faute de sniffer régulièrement de longues lignes. Incapable de trouver le sommeil, je regarde en boucle et jusqu’à épuisement les clips sur MTV.

   À quatorze heures, j’entends frapper à ma porte. À moitié endormi, je vais ouvrir et je trouve Françoise, son sac à la main :
« Grégoire, notre avion décolle à dix-sept heures, nous sommes déjà en retard. »
Le manque de sommeil et le manque d’inspiration m’ont mis les nerfs à vif, et je crie avant de claquer la porte :
« Eh bien, je prendrai le vol suivant ! »
Quand je réalise le prix que va me coûter le billet et ce que j’ai sur mon compte en banque, je change d’avis.
Je m’habille en vitesse pour rejoindre Françoise.
« Et bien, vous voilà finalement ! »
Je porte à nouveau mes lunettes de soleil qui sont censées me donner un air détaché. Je ne parle quasiment pas à Françoise, qui poursuit tout le long du chemin de l’hôtel à l’aéroport un monologue sur New York, sur Angelina, sur le bonheur. Malheureusement pour moi, New York est une ville qui l’inspire.
« Angelina est vraiment une femme extraordinaire, bourrée de talents. J’espère bien que Pierre la mettra en couverture de son magazine. New York est un véritable brasier de lumière qui, la nuit, redevient étincelante, fantomatique. Quant au vent du soir, il sent la mer, la poussière, l’essence, une odeur aussi inhérente à New York que son bruit de fond, mais qui, lui, ne me lasse pas. »
J’interviens pour dire :
« Moi, c’est l’odeur de Paris que j’aime et qui me manque. Cette odeur quand on rentre des grandes vacances en septembre. Elle est triste et rassurante à la fois. »
Je n’aurais pas dû dire ça, elle embraye sur Paris maintenant :
« L’odeur de Paris est délicieuse, c’est vrai. Une odeur de terre, de pluie, d’air froid mêlé d’un peu de fumée. Un air prétendu pollué d’essence et de poussière, mais qui m’a toujours paru le plus frais et le plus sain de la planète. »
Elle perd la tête. Il y a une semaine, l’air de Paris lui piquait les yeux et la faisait tousser. Elle m’exaspère. Même sur l’odeur de Paris, il faut qu’elle dise mieux les choses que moi.
Nous arrivons à l’aéroport et dans un magazine que Françoise achète pour passer le temps, on peut lire qu’Amy Winehouse se produit le soir même, ici, à New York. Françoise me dit :
« Grégoire, on ne peut pas rater ce concert. Nous nous l’étions promis.»
Il ne manquait plus que ça. D’accord, j’aime beaucoup cette chanteuse. OK, nous nous étions promis de la voir chanter un jour, mais ce que je souhaite par-dessus tout, c’est rentrer à Paris.
« Vous êtes sûre, Françoise ? Elle passera bientôt à Paris. On pourra la voir là-bas.
— Mais enfin, c’est une occasion en or de la voir ici. Et puis cela va me rappeler tellement de souvenirs. »
Excédé et exagérant mon air fatigué, je lui dis :
« Et pour les billets d’avion, on fait comment ?
— Pierre nous en payera d’autres. Nous lui dirons que nous avons raté celui-là. »
   Et nous voilà repartis vers Manhattan. Françoise semble plongée dans d’heureux souvenirs. Ça a l’avantage de la faire taire.